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Existe-t-il “une” méditation ?

Avec la nouvelle année, un grand nombre d’entre nous a pris de bonnes résolutions. Pour beaucoup cela s’est traduit par le début d’une pratique méditative, dans laquelle certains auront persévéré jusqu’en ce mois de mars.

Une pratique de plus en plus répandue

En effet, de nombreuses études vantent ses bienfaits : réduction du stress, meilleur sommeil, clarté d’esprit, émotions plus positives… Des amis nous incitent à commencer à méditer, d’autres disent avoir essayé sans en ressentir les bienfaits avant d’arrêter. De grandes entreprises comme Google prévoient des méditations de quelques minutes avant chaque réunion pour ses cadres supérieurs, ce qui participe aujourd’hui à la notoriété de cette pratique, n’étant plus uniquement l'apanage des communautés “hippies” comme ce fut le cas pendant un temps.

La méditation fait également son entrée dans les universités françaises, bien que trop souvent limitée à la pleine conscience. Néanmoins, le corps académique et -dans une moindre mesure- hospitalier, reconnaissent de plus en plus l’existence d’un lien entre le corps et l’esprit, et la possibilité pour chaque personne de faire la paix avec elle-même grâce à une activité mentale judicieuse.

Malgré tous ses bienfaits, il arrive que certaines personnes soient déçues. Il se peut qu’elles aient pratiqué dans un cadre qui ne leur convenait pas, parce que le guru était trop mis en avant par exemple, ce qui peut donner à la méditation un aspect culte qui n’est pas en phase avec leur philosophie et les rebute ; ou que l’apaisement recherché n’ait été atteint à cause d’attentes trop élevées, souvent dues à des promesses irréalisables.

La méditation ou des méditations ?

Une autre cause peut être la confusion entre plusieurs méditations et leurs effets respectifs. Le cerveau et l’esprit ont un état différent selon l’activité mentale du moment. Les méditations peuvent être catégorisées sur un continuum entre concentration (résolvez un problème de mathématiques ou pensez intensément à une image) et non-direction (laissez votre esprit vagabonder de façon détendue).

La méditation non-directive active davantage le réseau du mode par défaut, responsable du rappel des souvenirs et du traitement des émotions. Concrètement, cela en fait une pratique plus efficace pour la résolution d’épisodes du passé qui ont été réprimés ou non traités, et la gestion des émotions dans le futur.

Une telle méditation n’est ni “rien faire” ni “faire le vide” : c’est laisser aller et venir ses pensées tout en maintenant son attention posée sur un son de méditation. Cette simple activité mentale volontaire induit une relaxation spontanée, qui se mesure physiologiquement par un taux d’hormones du stress qui chute, et un profil unique d’ondes cérébrales. Les ondes alpha, associées à un état alerte mais détendu, et theta, associées à l’intuition et l’introspection, augmentent.

Dans cet état, le corps fonctionne également de façon plus optimale. Par exemple, la variabilité de fréquence cardiaque (VFC) augmente. Une VFC élevée est considérée comme un facteur diminuant le risque cardio-vasculaire et de mortalité, et un signe que les sportifs ne sont ni fatigués ni en proie au surentraînement. Plus globalement, la VFC donne des indices sur notre gestion du stress et des émotions.

Ceux qui méditent régulièrement ressentent en quelques semaines des effets tels que réduction du stress, augmentation de l’énergie et de la créativité. A plus long terme, des changements dans la personnalité plus profonds s’opèrent, grâce à l’intégration d’aspects refoulés, de notre “part d’ombre”, que nous réprimons dans la vie de tous les jours. Nous ne devenons pas quelqu’un d’autre : nous devenons davantage nous-même.

Par Christopher Grøndahl, Instructeur de méditation Acem